Notre Ministère
par T. Austin-Sparks

Ce que je désire vous dire est de vous rappeler la nature du ministère que nous pensons avoir reçu de Dieu. C’est un service parmi d’autres donnés à Son peuple, mais c’en est un qui est accompli avec un sens accru de sa nécessité.

Puis-je à nouveau me permettre de dire ce qu’il n’est pas. Nous nous ne vantons pas d’avoir une nouvelle révélation. Nous ne désirons pas commencer un nouveau « mouvement » Nous ne désirons aucunement être un nouveau corps de chrétiens séparés des autres croyants. Nous ne disons jamais à qui que ce soit « Vous devriez quitter votre église, votre mission, ou votre organisation » Nous désapprouvons le fait d’être appelé une communauté dans le sens d’être ici pour une cause spéciale. Nous n’avons que du dédain pour tout ce qui se limite à une certaine phraséologie et à Shibboleth. L’étroitesse et la légalité sont loin de nos pensées et de nos cœurs. Pour finir, nous reconnaissons la valeur de tous les autres œuvres et ministères qui ont la connaissance de Christ pour objet, et qui sont accomplis de par l’amour qu’ils ont pour Lui.

Quel est donc notre ministère ? Nous nous ne sommes pas lancés dans cette grande œuvre tout de suite. Le Seigneur a forgé en nous un sentiment réel et profond d’un besoin et d’une insatisfaction spirituels, et a créé un désire intense pour quelque chose de bien plus haut que ce que nous pouvions trouver. Il nous a ensuite conduit par de tels exercices spirituels, qui eux-mêmes nous ont conduits dans la recherche par la prière et cela en passant par des expériences profondes. Ces choses ont rendu possible et fructueuse, non seulement pour nous mais pour tous ceux qui désirent aller de l’avant vers le but divin, notre appréhension des desseins, des pensées, et des voies plus élevés de Dieu. Cela fait maintenant plusieurs années que nous sommes sur ce chemin, et chaque rayonnement d’une nouvelle lumière vivante est venu de par un accoisement de la souffrance et du coût. Et ceci afin que rien ne soit de la théorie, tout est vécu. Ainsi le sentiment d’une préoccupation et de destinée n’a fait qu’augmenter quant au fait que le peuple de Dieu devrait s’attacher à « la plénitude de Christ. » « Chacun de nous… selon la mesure du don de Christ » et « l’édification du corps de Christ » à la « stature de la plénitude » Toutes les questions pratiques doivent faire l’objet d’une considération personnelle entre ceux concernés et le Seigneur. Nous avons fait des erreurs dans le passé, mais nous avons appris à travers celles-ci. Beaucoup ont porté un jugement préjudiciable sur notre ministère en le méprisant, en le déformant, en prenant des décisions empressées par rapport à celui-ci. Nous nous attendons à ce que ce ministère ait beaucoup d’adversaires et nous n’envisagerons pas de nous justifier. Mais notre désire est qu’aucun obstacle inutile ne soit placé sur le chemin du peuple de Dieu recevant quelque bénédiction de part ce ministère.

Il est clair, que même à l’époque du Nouveau Testament, pas tous les croyants étaient prêts à aller jusqu’au bout avec le Seigneur, et la majorité du Nouveau Testament a été écrit afin d’encourager les chrétiens à aller de l’avant avec Lui. Le fait qu’il y ait de plus en plus de conférences dans le monde, démontre que ce besoin d’aller plus loin spirituellement est toujours pressant. Mais la plénitude spirituelle ne sera qu’atteinte que par une révélation progressive et croissante de Christ et de Sa signification. Une telle révélation, à moins que nous ne comprenions mal les voies anciennes de Dieu, vient tout d’abord à un instrument divinement choisi, emmené dans les vallées obscures; et est ensuite donnée comme Sa vérité pour Son peuple; et enfin elle devient une connaissance et une expérience forgées en ceux qui sont vraiment consacrés à Dieu – non pas comme étant leur propre bénédiction, mais comme étant mise au service du dessein divin. En rapport à ce but que Dieu s’est donné, chacun et chacune doit savoir ce que Dieu demande dans chaque aspect de la vie chrétienne, il nous serait hasardeux de leur dire ce qu’ils et ce qu’elles devraient faire. Nous ne pouvons faire plus que d’énoncer les principes de la Vie et de la croissance. Aussi de présenter « tout homme parfait (arrivé à maturité) en Christ » est le fardeau de notre cœur. « Nous tous donc qui sommes parfaits (unis en cœur et en pensée), ayons ce sentiment. » (juillet 1942)