Atteindre Les Trois Premiers
par T. Austin-Sparks

« Ce sont ici les noms des hommes forts qu’avait David : Adino… Eléazar… Shamma » 2 Samuel 23v8-12

« (Abishai) Ne fut-il pas le plus honoré des trois ? Et il fut leur chef ; mais il n’atteignit pas les trois premiers. » 2 Samuel 23v19

Pour l’instant, le détail des exploits de ces trois hommes nous concerne moins que le fait que David disposait d’un certain nombre d’hommes de valeur. Ceux-ci l’avaient rejoint tandis qu’il se cachait de Saül et se trouvait dans les cavernes du désert. Les trente chefs étaient répartis en groupes, chaque groupe figurant un critère. Les trente étaient, pourrions-nous dire, d’un critère d’excellence plus ou moins élevé. Ils se répartissaient en plusieurs sous-groupes, chacun d’entre eux représentant un niveau d’excellence différent, jusqu’à parvenir aux trois sus nommés, qui sont appelés les trois premiers. Il est dit de tous les autres qu’ils n’atteignirent pas les trois premiers. La question qui nous occupe est de s’attacher à atteindre la prééminence dans l’appréciation du Seigneur.

Pourquoi cette histoire a-t-elle été écrite ? Pourquoi avons-nous l’histoire de ces hommes et de leurs exploits ? Pensez-vous qu’il s’agisse d’inclure dans la Bible quelques histoires palpitantes, des faits merveilleux que certains hommes ont accompli ? Quelques-uns de ces faits nous paraissent parfois phénoménaux. Est-ce là l’unique but de ces histoires ? Si la Bible est véritablement écrite sur la base de principes spirituels, elle ne peut s’en tenir à des histoires humaines liées aux choses d’ici bas ; il doit y avoir quelque chose de fondamentalement spirituel derrière tous ces récits.

Différentes Catégories de Grandeur Spirituelle

Le principe spirituel que le Seigneur désire démontrer et illustrer au travers de ces exploits est celui-ci : il est possible d’être des gens de première, de seconde ou de troisième catégorie. Autrement dit, il est possible d’être placés dans des catégories différentes de grandeur et d’efficacité spirituelle. Paul encourageait Timothée à ne pas être un serviteur de seconde classe, mais à tendre à être premier, d’être au-dessus du lot et ne pas se contenter de figurer dans la moyenne. Paul désirait qu’il cultive un intérêt particulier et utile pour le Seigneur. C’est là, je pense, le principe sous-jacent de tout ce passage. Nous pouvons être classifiés. Nous pouvons être comptés parmi les trente. Cette catégorie possède une certaine valeur, une certaine signification, une responsabilité spirituelle. Ceux-ci jamais insignifiants, bien au contraire, demeurent au-dessus de tous ceux qui formaient la majorité des gens en Israël. Mais il est possible d’aller au-delà de ces hommes, vous pouvez toujours aller plus en avant ; il y a une place qui est représentée par les trois premiers. Paul était, semble-t-il, la représentation parfaite de cet esprit des trois premiers lorsqu’il dit : « Mais je fais une chose : oubliant les choses qui sont derrière et tendant avec effort vers celles qui sont devant, je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le Christ Jésus .», Philippiens 3 :14 et aussi « Mais les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées, à cause du Christ, comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. » Philippiens 3 :7-8. « L’excellence », la chose qui excelle, l’excellence de la connaissance du Christ Jésus c’est la personnification de l’esprit de ce qui est premier avec le Seigneur.

Une Question d’Atteindre

Paul utilise le mot « parvenir » « Si en quelque manière que ce soit je puis parvenir… » Philippiens 3 :11. Il est question d’atteindre, de parvenir, de tendre à quelque chose. Cela n’a rien à voir avec notre salut initial. Dans le sens premier, nous « n’atteignons pas » en vue du salut, car le salut ne résulte pas d’un quelconque effort, d’une détermination de notre part. Le salut, dans le sens d’être amené depuis le jugement jusqu’à la réconciliation avec Dieu, l’abondance du pardon, l’assurance du salut etc., tout cela nous est donné. Cependant, le Nouveau Testament fait souvent mention de cette dynamique suggérée par les mots « atteindre », « parvenir ». Un homme vint à Jésus et dit : « Bon maître, que ferai-je afin que j’hérite de la vie éternelle ? » Marc 10 :17. Le Seigneur Jésus n’a pas exprimé qu’il lui était impossible d’en hériter. En substance, Jésus dit qu’il pouvait en hériter, mais quelque chose d’autre doit aussi être atteint. Il y a une position à laquelle nous devons parvenir, une position d’une valeur toute particulière pour le Seigneur, une position par excellence, une position suprême. Le Seigneur veut trouver en nous la détermination qui, par Sa grâce, n’acceptera rien de moins que le plus élevé et rien de moins que la plénitude que Dieu désire voir en nous. Ceci est en rapport avec notre valeur et notre utilité pour Lui.

Les Marques de la Grandeur Suprême

(a) La perception de la pleine pensée de Dieu

Peut-être vous demandez-vous quelles sont les marques de cette prééminence ? J’ignore si c’étaient les actions de ces hommes qui les rendirent excellents, bien que ce qu’ils firent était hors du commun. D’autres accomplirent également des choses remarquables. L’un d’eux descendit dans la fosse par temps de neige et là, il y tua un lion. Descendez dans une fosse avec un lion ! Un lion représente un défi et demande beaucoup de courage. D’autres se jetèrent dans la bataille contre des géants et les terrassèrent. Ces choses représentent des exploits. Ces trois firent peut être quelque chose d’encore plus grand. Mais je ne pense pas que leur supériorité se limitait à ce qu’ils accomplirent. Bien sûr Adino tua trois cents hommes en une fois (1 Chroniques 11 :11 dit trois cents alors que 2 Samuel 23 :8 dit huit cents, cette différence ne sera pas discutée ici). Seul, il fit face à cette situation désespérée, et ne s’arrêta point jusqu’à ce que tous soient tués. Concernant Eléazar nous lisons que des Philistins menaçaient une parcelle d’orge. Tout Israël s’enfuit au devant d’eux. Mais Eléazar, lui, se tint au milieu de la parcelle et la défendit ; il combattit les Philistins jusqu’à ce que sa main fût lasse et qu’elle demeure attachée à l’épée (2 Samuel 23 :9-10). Et qu’en est-il de Shamma ? De façon similaire, il défendit une parcelle de lentilles face aux Philistins tandis que le peuple s’était enfui. Il élimina l’ennemi et préserva ainsi la nourriture pour le peuple de Dieu.

Ces exploits mentionnés ci-dessus ont peut-être leur propre signification symbolique, mais cela ne nous importe pas. L’important est ceci : ces hommes forts vécurent à un moment de transition. Quelque chose, qui était en dessous de la pleine pensée de Dieu pour son peuple, primait. Saül était sur le trône, et ceci n’était pas selon la volonté de Dieu. Sous la domination, le peuple avait été amené à un autre ordre de choses, il était sans cesse sous la menace de la famine spirituelle, sans cesse dans la défaite, dans la faiblesse, sous un joug et dans l’incertitude. Le peuple ne savait pas où il en était et ne savait quel chemin prendre. Une pensée autre que celle de Dieu prévalait parmi Son peuple : la situation était confuse et l’insatisfaction totale. La pleine pensée de Dieu était centrée en David, et la première caractéristique de tous les hommes forts de David était qu’ils percevaient l’état de ces choses. Ils comprenaient intérieurement que la Parole du Seigneur révélait la pensée de Dieu, et que cette pensée était beaucoup plus grande et d’une toute autre nature que ce qui prédominait alors. Cette vision, cet entendement spirituel marquait le commencement de cette transition qui culmina en un mouvement vers David. C’est là la première chose : voir, appréhender ce qui n’est pas généralement vu par le peuple de Dieu. Cette chose vraiment désirée par le Seigneur, cette chose qui, si elle se réalisait, impliquerait un grand changement pour ce peuple : quelle plénitude étendue et quel niveau plus élevé le peuple vivrait alors ! Ici commence, devant nous, la grandeur du principe spirituel. Ces hommes forts perçurent et saisirent la pensée de Dieu. Ils en comprirent la direction et ils dirent : « C’en est assez de cette situation ! Nous y participions mais c’est fini maintenant. A partir d’aujourd’hui, nous nous préoccuperons de la pleine pensée de Dieu et rien de moins ne nous satisfera. » Ils se consacrèrent entièrement à cette pensée. C’est ici le commencement de la grandeur spirituelle.

(b) Un sentiment de responsabilité

Ensuite nous voyons que ces hommes étaient marqués par un sens de responsabilité aigu. Ils ne nous donnent pas l’impression d’avoir eu besoin d’être encouragés ou poussés vers l’avant. Ils prenaient l’initiative quant à leur responsabilité. Chacun d’entre eux se disait en substance : « cette chose primordiale de la pensée de Dieu devient quelque chose de personnel pour moi, je l’amène totalement jusqu’à moi. Les autres sont peut être partis, il n’y a peut-être plus personne ici qui se sente concerné ; mais parce que j’ai appréhendé cette pensée divine, je refuse de l’abandonner. Cela devient une affaire personnelle. » Et ainsi, que ce soit contre trois cents ou contre huit cents ou même tous les Philistins à la fois, ces hommes tiennent bon ; même s’ils sont seuls. C’est toute la responsabilité de ce témoignage entier qui est saisie par l’individu, comme si celle-ci reposait sur lui seul à ce moment précis. C’est là la grandeur supérieure. Certains se plaisent dans la foule, ils agissent quand d’autres sont là pour les encourager et les soutenir ; beaucoup de ceux là disparaissent lorsqu’il s’agit de tenir seul dans l’adversité La grandeur supérieure se démontre par la prise de responsabilité personnelle en rapport avec la pensée de Dieu ; que d’autres en fassent autant ou non.

Considérons Paul : de sa conversion à la fin de sa vie, il semble avoir été ainsi. Tout à la fin on l’entend s’exclamer : « tous ceux qui sont en Asie se sont détournés de moi », 2 Timothée 2 :15. Celui-ci et celui-là sont partis – « Luc seul est avec moi », 2 Timothée 4 :11. Paul se trouve pratiquement seul, mais il n’abandonne pas. A ce moment précis, et comme jamais auparavant, Paul s’enhardit pour la pleine pensée de Dieu ; le fruit de sa consécration se trouve dans ses lettres écrites en prison. La grandeur spirituelle est la volonté de prendre position pour ce que Dieu à révélé comme étant Sa volonté ; même si nous devons être les seuls à le faire. Ce peut-être un contre tous, il peut y avoir beaucoup de solitude, mais c’est là le test de notre capacité spirituelle. C’est dans l’initiative et la responsabilité, qui n’attend pas qu’une organisation se forme pour faire face à la situation, que l’attachement à la pensée de Dieu deviendra une affaire personnelle et ce potentiel spirituel sera sans restriction.

(c) La Vigueur Spirituelle

Ensuite il semble que leur capacité d’endurance, quant à l’achèvement de ce qu’ils ont vu, était un élément important de leur grandeur spirituelle. Une caractéristique les concernant tous est indiquée pour l’un d’entre eux : « Sa main demeura attachée à l’épée » 2 Samuel 23 v.10. Autrement dit, il se tint si fermement et avec tant de détermination dans cette situation qu’il ne pouvait pas l’abandonner. Sa main et son épée devinrent pratiquement indissociables. Epuisé par le combat, il persévère jusqu’à la fin ; ceci est primordial. De nombreux individus peuvent commencer énormément de choses avec beaucoup d’entrain, cependant la plupart resteront inabouties à tous les niveaux. Leur vie est marquée par des choses inachevées. Ils commencent bien, mais rien n’est mené à son terme. Ils arrivent à un point où ils se lassent, où ils se fatiguent ; un point où le coût ou bien le danger s’accroît, alors leur main faiblit laissant inachevé ce dans quoi ils se sont impliqués. Nombre de passages du Nouveau Testament concernent la persévérance jusqu’à la fin. La vigueur spirituelle est le test de la grandeur. Ô combien avons-nous besoin de vigueur spirituelle afin de pouvoir persévérer dans l’œuvre, d’y être totalement adonné et de ne pas lâcher ; notre main demeurant attachée à l’épée. Nous sommes impliqués dans cette œuvre et nous ne pouvons pas abandonner. Il n’est même plus question dorénavant de vouloir ou non délaisser ce à quoi nous nous sommes donnés ; nous y sommes si consacrés que cela devient impossible. Une marque de grandeur spirituelle est cette vigueur qui va au-delà de l’engouement initial, au-delà de l’enthousiasme du début ; au-delà de tout stimulus d’un nouveau défi, d’une nouvelle situation. Quand la monotonie s’installe et que l’aspect attrayant des choses s’est estompé , cela devient une affaire pâle ; et maintenant il s’agit de s’y impliquer complètement. Ainsi l’épée d’Eléazar s’attacha à sa main. Il était exténué mais il acheva son travail, il ne se découragea pas à mi-chemin. Tous ces hommes firent de même, c’est écrit : ils achevèrent le travail, cela leur fut très coûteux mais ils allèrent jusqu’au bout ; ils prouvèrent leur vigueur. Il est peut-être possible de descendre dans la fosse, d’y tuer le lion et d’en finir en quelques instants. Ou bien d’aller au-devant d’un géant, de lui porter le coup fatal et cette besogne sera achevée. Mais il en va tout autrement de tenir et de combattre ennemi après ennemi, raid après raid, bataille après bataille, de faire face sans cesse aux attaques renouvelées. Vous pouvez le croire : ces bandes de Philistins ne menèrent pas qu’un seul assaut sur chacun de ces hommes. Un à un les ennemis tombaient devant eux. Or, l’ennemi se reformait, d’autres se joignaient à lui jusqu’à être trois ou huit cents ou d’avantage encore. Ils chargèrent jusqu'à ce que le dernier d’entre eux soit à terre, les hommes forts de David n’abandonnèrent pas avant l’obtention de la victoire finale. La vigueur de ces hommes est remarquable. Dans le même esprit nous voyons Paul persévérant jusqu’à la fin. Bien sûr, il était épuisé, la mort dans l’âme, fourbu de la bataille mais il pouvait dire : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi », 2 Timothée 4 :7. Avec Paul il n’y avait pas d’abandon.

(d) Inclusivement – Tenir pour la Plénitude de Christ

Le test de la capacité spirituelle se constitue ainsi : d’abord, voir la pleine pensée de Dieu, ne rien accepter de moindre et s’y consacrer entièrement. Ensuite, avoir de l’initiative et prendre sa responsabilité dans les implications de cette pensée divine, de façon à ne pas avoir besoin d’y être rappelé, d’y être exhorté ou d’y être contraint. Cette pensée vit en nous, nous y sommes éveillés et nous nous y appliquons car elle est devenue une affaire personnelle ; une affaire nous concernant directement. Enfin, pour changer la métaphore, ayant la main à la charrue, ne jetant aucun regard en arrière, ne laissant aucun champ à moitié labouré, ne lâchant rien parce que les choses deviennent difficiles et monotones mais persévérant jusqu’à la fin, même si ce doit être dans la lassitude.

Je ne sais s’il y a autre chose à ajouter à ce sujet. Il n’y a aucun doute, nous sommes impliqués aujourd’hui dans une situation semblable et la majorité n’est pas prête à en payer le prix. Il est plus aisé d’accepter une pensée plus facile et moins coûteuse. Toutefois, la question est la suivante : allons-nous atteindre les trois premiers, ou bien allons-nous nous contenter d’être dans le deuxième ou encore dans le troisième groupe ? C’est la question à laquelle nous devons tous répondre. Lorsque nous avons tout dit, à quoi cela nous amène-t-il ? En un mot : il est question de l’absolue Seigneurie de Jésus Christ, de l’absolue souveraineté de la pensée de Dieu personnifiée en Lui. David représentait tout cela, il était la personnification de la pleine pensée de Dieu. La plénitude devait venir avec lui, et elle devait venir selon sa souveraineté et sa conduite. Il est un type du Seigneur Jésus Christ.

Une Voie de la Foi

Je pourrai ajouter encore un mot. C’était un jour de foi. Ces hommes discernèrent véritablement que la Parole de Dieu – dans son accomplissement – était dans la direction de David. Or, nous devons garder en mémoire que David se trouvait bien seul à ce moment là. Il avait très peu de gens avec lui et ceux-là étaient vraiment dans la faiblesse ; ils avaient été dépouillés de tout et le pays entier restait avec Saül. Saül tenait les rênes du pouvoir dans sa main, et il était risqué de s’en désolidariser. Personne ne savait, humainement parlant, si la cause de David allait prévaloir. Personne ne voulait faire partie d’un soulèvement qui aurait été écrasé et qui aurait occasionné la perte de toutes choses ; cette situation était totalement périlleuse. Mais c’était un jour de foi, un jour dans lequel, tous ceux qui prirent position le firent par la foi. Ils se donnèrent à ce principe de la foi. Nous avons besoin de beaucoup de foi pour nous livrer entièrement à la plénitude du dessein de Dieu. Appartenir à un petit noyau, occupé par quelque chose de supérieur à la moyenne, et croire qu’il y aura peut-être de la réussite demande une grande foi. Si vous voulez une vie tranquille, vous prendrez un autre chemin : il y a toujours ce test. N’est-ce pas là toute la leçon d’Hébreux 11 ? Lorsque vous arrivez à la conclusion : « Et que dirai-je davantage ? Car le temps me manquera si je discours de … », Hébreux 11 :32. Vous remarquerez que David y est mentionné et qu’il y est dit parmi d’autres choses de ceux concernés qu’ils « subjuguèrent des royaumes … devinrent forts dans la bataille ». Ils firent des exploits. Je pense que les hommes forts de David sont comptés parmi ceux-là. C’était le triomphe de la foi, le test de leur stature spirituelle résidait là.

Tout ceci nous pousse à prendre position. Allons-nous être premier, second ou bien troisième, reconnaissant que cela implique un coût supplémentaire ; tout en sachant que c’est ce que le Seigneur recherche ? David avait un très grand besoin d’une telle aide, de tels hommes. Nous disons vrai lorsque nous rapportons ces choses au Seigneur : Il a un très grand besoin d’hommes forts comme ceux-là. Ils ne sont pas nombreux et Sa cause se trouve largement affaiblie parce qu’Il ne possède pas ces hommes forts. Il n’y a aucun doute : Il nous appelle à faire face au défi que cela représente.