Conformes à l’Image du Fils
par T. Austin-Sparks

« Car vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour être derechef dans la crainte, mais vous avez reçu l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions, Abba, Père! L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu; et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ; si du moins nous souffrons avec lui, afin que nous soyons aussi glorifiés avec lui. Car j’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées avec la gloire à venir qui doit nous être révélée. Car la vive attente de la création attend la révélation des fils de Dieu. Car la création a été assujettie à la vanité (non de sa volonté, mais à cause de celui qui l’a assujettie), dans l’espérance que la création elle-même aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Car nous savons que toute la création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant et non seulement elle, mais nous-mêmes aussi qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi, nous soupirons en nous-mêmes, attendant l’adoption, la délivrance de notre corps. Car nous avons été sauvés en espérance, or une espérance qu’on voit n’est pas une espérance; car ce que quelqu’un voit, pourquoi aussi l’espère-t-il? Mais si ce que nous ne voyons pas, nous l’espérons, nous l’attendons avec patience. De même aussi l’Esprit nous est en aide dans notre infirmité; car nous ne savons pas ce qu’il faut demander comme il convient; mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables; et celui qui sonde les cœurs sait qu’elle est la pensée de l’Esprit, car il intercède pour les saints, selon Dieu; mais nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos. Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. », Romains 8 :15-30

Je veux vous parler, de façon générale et simple, à propos de ce qui me paraît être si évident dans ce passage des Écritures, et qui est particulièrement en rapport au temps dans lequel nous vivons. Je pense que vous voyez comme moi, que le peuple de Dieu a besoin, dans les temps difficiles que nous vivons aujourd’hui, d’être ré-affirmé et rassuré afin qu’il se ravive quant à la course qui est devant lui. Et je ne connais aucune autre portion des Écritures plus adaptée à ce besoin que ce passage que nous venons de lire. Cette portion de la Parole de Dieu nous ramène au fondement de tout, elle contient de très grandes affirmations, et fait des déclarations extraordinaires quant à la pensée éternelle et établie de Dieu pour Son propre peuple pour tous les temps. C’est dans ces pensée de Dieu, lorsque nous les reconnaissons, que nous trouvons la vigueur nécessaire dans les moments difficiles.

Le Dessein de Dieu pour Son Peuple Explique les Évènements du Monde

La toute première chose élémentaire est la suivante : Dieu a un dessein établi et prédéterminé. Ses pensées sont clairement et parfaitement définies de toute éternité. Le monde n’est pas dans un chaos, du point de vue de Dieu, les choses ne sont pas dans la confusion. Elles le sont sûrement du point de vue de l’homme, mais certainement pas du point de vue de Dieu. Une pensée et un propos clairs, sûrs et déterminés sont activement à l’œuvre dans toutes les choses qui vont affecter et toucher la vie du peuple de Dieu, et nous devons nous souvenir qu’au centre de l’univers sont les élus ; le cœur de toutes choses est le peuple de Dieu ; « ceux qui sont appelés selon son propos ». C’est pour cela qu’ils ne sont pas exemptés de ce qui ce passe dans le monde, Dieu ne les place jamais dans un endroit où ils ne sont pas touchés ou affectés. Il y a un sens dans lequel le peuple de Dieu ressent d’avantage que les autres ce qui se passe dans le cosmos, et en souffre d’avantage. Le peuple de Dieu est au centre de tout, et la pensée Divine est concentrée sur lui ; et tout autour de ce peuple, englobant cette pensée de Dieu, il y a toute la création. Selon ce passage de Romains, il est dit que toute la création soupire et est en travail, et elle est ainsi par rapport à la pensée de Dieu qui doit produire en fin de compte la manifestation des fils de Dieu.

Je désire placer ces choses devant vous le plus simplement possible. Les pensées de Dieu sont très élevées, mais elles ne le sont pas pour celui qui a l’Esprit Saint. Dès le commencement, avant même que cet univers ne soit créé, Dieu avait une pensée prédéfinie. Il ne s’agissait pas d’une idée qu’Il allait essayer de réaliser, ni d’une quelque pensée qui Lui serait survenue et qu’Il allait essayer de mettre en œuvre. Lorsque Dieu a une pensée ceci équivaut à un acte : « Car moi je connais les pensées que je pense à votre égard … pour vous donner un avenir et une espérance. », Jérémie 29 :11. Et qui peut imaginer un seul instant que le propos de Dieu sera défait ? Les pensées de Dieu sont Ses actes. Et ainsi, Il a eu une pensée dès le commencement qui était comme si elle avait été déjà réalisée ; et à travers les âge Il a œuvré avec cette pensée en relation avec Son peuple. Et dans les temps dans lesquels nous vivons aujourd’hui, des temps difficiles pour le peuple de Dieu, cette pensée de Dieu a une signification renouvelée, et Son peuple devrait reconsidérer ce propos éternel de Dieu, afin qu’il parvienne à l’accomplissement de ce propos.

Le Besoin d’Élévation Spirituelle au-dessus des Évènements d’Ici-bas

Je parlait avec quelqu’un récemment qui est très impliqué dans les affaires de ce monde, et il me dit : « Bien sur que ce monde est dans une grande confusion, tout y est faux et mauvais, rien n’est comme cela devrait être. » Ce n’était pas quelqu’un de religieux, mais quelqu’un appartenant à ce monde ; sans aucune connaissance des pensées de Dieu. Il continua : « Bien sur nous ne verrons aucune amélioration durant notre vie, nous ne verrons jamais de restauration ; les choses ne seront plus jamais normales ». Et il parlait avec un ton qui indiquait que, pour lui, la vie et le monde étaient perdus ; tout ce que pour quoi il avait vécu et espéré, l’ordre entier des choses était perdu à jamais, il ne restait aucun espoir et que tout ce qu’il attendait était la mort. Et si nous les chrétiens vivons en relation avec ce monde et selon l’ordre des choses de ce monde, nous nous retrouverons dans un imbroglio indescriptible. Mettons les choses au clair et à la lumière des conditions qui prévalent aujourd’hui, notre grand besoin est d’être délivré de notre recherche pour un changement des circonstances présentes et pour le retour de certaines conditions dans lesquelles nous nous plairions et dans lesquelles nous pourrions jouir des libertés passées. Si notre espoir se limite à espérer, jour après jour, qu’il y aura un changement total et que quelque chose va se passer qui altèrera les choses pour le mieux, si nous nous contentons de vivre dans les choses présentes ou dans celles que nous désirons, c'est à dire les hauts et les bas des évènements de ce monde, alors nous sommes destinés à la perte et au désespoir, nous sommes alors condamnés à vivre dans de terribles circonstances. Nous devons, nous les chrétiens, nous sortir de telles conditions, et être au-dessus de tout cela. Bien entendu notre âme sera affectée par les souffrances et les difficultés qui se trouvent dans le monde, mais notre esprit ne doit en être affecté lui ; nous devons retenir la liberté que nous avons en Christ. Nous ne pourrons jamais maintenir notre témoignage, accomplir notre service, ni être ce à quoi Dieu nous a appelé, à moins que nous n’adoptions une attitude de détachement par rapport à ce qui nous entoure et que nous maintenions une position d’ascendance spirituelle au dessus de tout ce qui est d’ici-bas. Nous avons besoin de délivrance et nous devons l’obtenir. Les circonstances environnantes peuvent nous affliger, mais nous devons apprendre à être au-dessus de ce monde.

Comment y parviendrons-nous ? Qu’est-ce qui nous délivrera ? Ce sera la pensée fondamentale et toute-gouvernante de Dieu. Si seulement vous étiez assuré que Dieu s’est donné à accomplir quelque chose, et si vous pouviez voir cette chose à laquelle Il s’est donné ; et si vous aviez, par l’Esprit Saint, le témoignage intérieur que vous êtes impliqués dans ce dessein de Dieu, alors vous seriez délivrés. Si vous ne voyez pas et ne comprenez pas ce que Dieu est en train d’accomplir, alors vous demeurerez dans la confusion et le désespoir. C’est là où se trouve le monde, c’est ce qu’appelle les Écritures « n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde. »

La Pensée de Dieu – Un Peuple Conforme à l’Image de Son Fils

Quelle est donc la portée de cette pensée ? Ces paroles nous sont si familières, et nous pouvons affirmer que tout les agissements de Dieu envers Son peuple, du début à la fin, peuvent se résumer par cette déclaration de la Parole de Dieu :

« Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils. », Romains 8 :29

« Conformes à l’image de son Fils » – c’est ici la pensée fondamentale de Dieu, le dessein qui gouverne tout ce qui est en rapport entre Dieu et Son peuple. C’est à cela qu’Il a sans cesse travaillé depuis toujours parmi Son peuple. Et c’est là la racine, le cœur et la signification de toutes nos difficultés, nos souffrances présentes. Dieu est à l’œuvre en vous et en moi avec ce seul but en vue : nous rendre conformes à l’image de Son Fils. Ceci implique beaucoup de choses, mais ce que nous devons retenir c’est que c’est là ce qui domine toutes les actions de Dieu envers les croyants. Depuis les temps éternels : « préconnus, prédestinés » ; envers les « siècles des siècles » ; Dieu désire nous rendre « conformes à l’image de son Fils ». C’est ce qu’exprime le verset précédent (verset 28), Dieu travaille à toutes choses pour le bien de ceux qui sont appelés selon Son propos.

Quel bien ? Quel est le bien des souffrances et épreuves que nous traversons ? C’est que Dieu désire « reproduire » Son Fils en nous, et Son Fils est Son espérance, et Sa gloire ultime sera manifestement révélée dans les saints en tant que fils. C’est l’espérance pour toute la création « assujettie à la vanité … dans l’espérance … » Nous sommes en travail pour l’espérance, l’espérance qui est dans le Fils de Dieu, et l’espérance est la manifestation de ce Fils dans les saints : « Christ en vous l’espérance de la gloire. »

La Conformité à Christ est Opérée par les Épreuves Ordinaires

Examinons ceci de façon très simple. Demeurons là où le Seigneur nous a placé, là où Il nous a appelé à vivre notre vie et à accomplir notre travail, et ceci même dans les difficultés et les souffrances qu’une telle vocation engendre ; et ne recherchons pas à nous substituer aux circonstances difficiles. Ne négligeons pas les valeurs des épreuves présentes en ayant nos pensées sur l’espérance de temps meilleurs ; bien au contraire, demeurons là où nous sommes et apprenons a apprécier ; si du moins nous sommes au Seigneur, si nous l’aimons et sommes appelés selon Son propos, (comme aussi nous le sommes si nous appartenons à Christ) ; ce que le Seigneur recherche a accomplir en nous et avec nous à travers toutes les circonstances présentes. Nous ne ferons qu’annuler le but de Dieu si nous recherchons à nous extraire des temps difficiles, et si nous ne reconnaissons pas ni n’acceptons pas ce qu’Il désire accomplir. Il y a peu de choses plus regrettables et attristantes que de regarder en arrière à une époque de notre vie et de se dire que l’on aurait pu contribuer au propos de Dieu à ce moment de notre vie si seulement nous avions adopté une attitude différente que celle que nous avons prise. Nous étions, pendant cette période, irrités, impatients, sans cesse recherchant comment se soustraire à la situation dans laquelle nous nous trouvions ; nous étions rebelles, vivant dans un monde voulu par le « Moi », dans lequel « Je » voulais décider de tout ; et c’est ainsi que nous sommes passés à coté de ce que Dieu désirait accomplir. Il y a peu de choses plus affligeantes que cela.

Aussi, nous devons demeurer dans la situation et la condition dans lesquelles Dieu nous a placé avec cette attitude : Dieu a un propos dans lequel nous sommes impliqués car nous lui appartenons, et ce propos est qu’à travers les conditions et les souffrances présentes, Il développe en nous les qualités de Son Fils. D’un coté les caractéristiques de l’ancienne création apparaissent de plus en plus abominables et horribles, alors que nous les reconnaissons en nous ; mais en opposition à ceci, Dieu fait en nous quelque chose qui est d’une nature tout autre de ce que nous sommes. Il suscite en nous, progressivement, un Autre qui est si différent – Son Fils. Lentement, trop lentement peut être, Dieu accompli quelque chose en nous. Cet état de fils n’est pas encore très manifeste, mais ce n’est qu’une question de temps. Ce que Dieu a progressivement accompli sera éventuellement révélé à la lumière : la conformité à l’image de Son fils, « pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères. »

Aussi, lorsque nous observons le peuple de Dieu ici-bas, nous devons bien comprendre pourquoi ils sont là. Les croyants sont très occupés a faire beaucoup de choses, mais Dieu est bien plus attaché à ce que nous sommes plutôt qu’à ce que nous faisons ; et nous avons besoin de ré-apprendre la signification du service. Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet maintenant, mais je voudrais dire ceci : le service envers Dieu est essentiellement spirituel, autrement dit, c’est la mesure dans laquelle Christ Lui-même est amené dans le domaine de Dieu pour la satisfaction de Dieu. Et nous ne pourrons jamais amené Christ dans la vie de quelqu’un par la prédication. Le savez-vous ? Combien de Christ a t-il été dispensé en vous pendant toutes les conférences auxquelles vous avez assisté ? Je ne suis pas trompé par le fait que ce que je vous dis maintenant peut « reproduire » Christ en vous. Nous pouvons parler ainsi jusqu’à la fin de nos jours, mais tout notre parler ne produira pas Christ en vous. Tout ce que nous pouvons faire, c’est de nous aider les uns les autres à saisir ce que Dieu désire accomplir en nous.

Seul l’Esprit de Dieu Peut Nous Rendre Conformes à Christ

Considérons, maintenant, une autre chose primordiale. Il y a cette pensée, ce propos que Dieu a en vue, et pour l’accomplissement duquel Il œuvre, et le Saint Esprit est l’Agent indispensable pour l’accomplissement de ce but : « l’Esprit lui-même intercède … selon Dieu ». L’Esprit connaît Dieu, (étant Dieu), Il connaît les pensées de Dieu, la volonté de Dieu, et ainsi Il œuvre selon Dieu et œuvre en nous. Et nous avons reçu cet Esprit d’adoption, par lequel nous nous exclamons : « Abba, Père ! » Nous sommes des enfants de Dieu appelés à devenir et à être manifestés comme fils de Dieu, et ceci est réalisé par l’Esprit Saint qui intercède par des soupirs inexprimables. « L’Esprit nous est en aide dans notre faiblesse », Il est là pour nous aider ; Lui seul peut reproduire Christ en nous, nous rendre conformes à Son image. Néanmoins, nous avons pensé que prêcher était un service, ainsi que d’enseigner, et cette chose et cette autre ; et beaucoup d’autres encore ! Mais ces choses ne sont que des moyens utilisés par l’Esprit. Ne nous trompons pas au sujet de ces choses. Nous ne serons jamais plus spirituel en allant à des réunions, à moins que l’Esprit n’opère quelque chose. Tout ce qui est dit peut être très vrai, mais toute notre connaissance n’atteindra pas le but de Dieu ; nous devons être entièrement dépendant de l’Esprit Saint pour cela. Et c’est bien là le besoin que nous avons : nous devons être exercé quant à tout ce que nous entendons.

Le fait est là, nous pourrons peut être avancer loin dans notre connaissance spirituelle, (je veux dire en information, dans la connaissance de la vérité), bien au-delà même de notre capacité, et ensuite subir le choc, dans des circonstances adverses, de découvrir que tout ce que nous avons accumulé comme savoir à travers les années ne nous sert à rien. Nous devons faire face à certaines difficultés et nous sommes obligés de dire : « Je n’ai pas la réalité que je pensais avoir, ce que je sais ne peut m’aider ; et je m’aperçois que je dois retourner aux choses du commencement et remettre en cause ma connaissance personnelle du Seigneur Lui même. » Le danger, alors, est de rejeter tout ce que nous avons appris en disant que ceci ne servait à rien. Mais, il y a une certaine valeur dans la connaissance spirituelle, si seulement nous reconnaissions la différence fondamentale qui existe entre connaître la pensée de Dieu mentalement et l’œuvre accomplie par l’Esprit de Dieu en nous au travers de cette connaissance. Ainsi, nous devons reconsidérer tout ce que nous avons appris jusqu’à aujourd’hui, et nous soumettre aux agissements de Dieu en nous par rapport à ces choses. Notre attitude devrait toujours être la suivante : « Seigneur, préserve-moi de me satisfaire d’entendre des choses sans qu’elles aient aucun effet en moi ; qu’elles soient, au contraire, une opportunité pour le Saint Esprit d’œuvrer en moi en vue du but de Dieu. »

Si nous parvenons à saisir l’implication de ce qui précède, ceci prouvera être une grande délivrance pour nous. Pourquoi le peuple de Dieu souffre t-il ? C’est afin qu’il soit rendu conforme à l’image du Fils. Bien entendu, il ne devrait pas être nécessaire qu’il y aient des troubles, des tribulations et des épreuves pour arriver à cette fin ; mais malheureusement beaucoup d’entre nous, les chrétiens, ont besoin de ces choses pour que Dieu puisse attirer notre attention. Beaucoup, parmi le peuple de Dieu, sont attachés aux choses extérieures de la Chrétienté, à tout ce qui est représenté par un ordre de choses traditionnelles ; et rien moins qu’un secouement des choses qui sont, une destruction, une désintégration, sera nécessaire pour amener ceux-ci là où l’Esprit de Dieu pourra commencer à œuvrer en eux ce pourquoi Il leur a été donné.

Le Besoin d’une Connaissance Intérieure du Seigneur

Nous ne voulons pas trop parler de service ni de travail maintenant, mais nous sommes très conscients combien peuvent être éprouvantes les limites auxquelles nous devons faire face en tant que serviteurs. Ces limites soulèvent beaucoup de questions et de problèmes en nous, il s’agit de savoir comment pouvons-nous accomplir ce que nous pensons être notre ministère, notre service. Cette question est très éprouvante, nous devons reconsidérer la pensée de Dieu d’une façon encore plus approfondie. Il est un fait reconnu par chaque serviteur de Dieu qui a été suscité et qui a vraiment été amené sous la main de Dieu : Les véritables valeurs de leurs vies pour tous les temps peuvent être comparées au fruit de la vigne. Le raisin étant écrasé dans le pressoir, l’agonie du cœur, et vous savez que ceci est vrai pour tous ceux qui ont reçu une vocation céleste. Ceux-ci savent que tout ce qui a pu contribuer à l’aide de quelqu’un, est issu d’un travail, d’un labeur dans leur vie. Vous êtes passés par le pressoir, dans l’agonie, afin que ce service soit produit ; et c’est là la véritable nature d’un service envers Dieu. Comment savons-nous ? – Non pas, qu’avons-nous acquis comme information ? Mais, que savons-nous ? Nous ne connaissons quelque chose, dans le sens profond de ce mot, qu’en traversant des situations où nous sommes dépouillés de tout ce qui de nous-mêmes, afin que ce qui est de Dieu soit forgé en nous ; ceci produira notre délivrance, notre salut. C’est la façon par laquelle nous devons apprendre, et dans cette connaissance, il n’y a pas de différence entre cette connaissance et ce que nous sommes. Cette connaissance n’est pas qu’objective, elle est nous-mêmes ; et lorsque nous dispensons cette connaissance spirituelle, nous nous donnons nous-mêmes. Il nous est alors impossible de dire : « Je croyais ceci à un moment donné, mais je ne le crois plus aujourd’hui ; j’avais certaines convictions alors, mais je ne les maintient plus aujourd’hui. » Ô, Dieu ne serait jamais satisfait avec une telle chose. Il peut sans doute y avoir certains ajustements qui sont nécessaires quant à ce que nous pensons, mais le Seigneur recherche avant tout la « pleine connaissance ». Nous tiendrons ou nous tomberons dépendamment de notre connaissance, parce que la véritable connaissance est en fait la vie ; elle dispense la vie ; et c’est ce que Dieu est en nous, le connaître c’est avoir la vie.

Être Rendu Parfait par les Souffrances

Saisissez-vous ce que je dis ? Que Dieu fait-il avec Son peuple ? Il utilise toutes sortes de choses et de circonstances qui nous touchent principalement afin d’amener ceux qui lui appartiennent à la conformité de Son Fils. Ceci n’est autre que Christ manifesté dans et parmi un peuple élu – un peuple pré-ordonné car pré-connu pour cette chose même. Et cette pensée de Dieu est une pensée libératrice. Comment priez-vous pour ceux qui appartiennent au Seigneur et qui se trouvent dans quelque difficulté ? Bien entendu, nous sommes tous enclins à prier pour leur délivrance, à invoquer le Seigneur pour qu’Il les préserve de ces circonstances difficiles. Il peut être juste de prier ainsi parfois, mais supposez que le Seigneur ne délivre pas ? Il ne délivre pas toujours instantanément. Il permet que la situation perdure, qu’elle devienne longue et pénible. L’ennemi peut se saisir d’une telle situation, et y donner sa propre interprétation : « Dieu ne fait rien, il n’est pas concerné ; il t’a laissé à toi même, il t’a abandonner. » Et il n’y a pas de voix de réconfort, aucune indication que Dieu remarque quoi que soit. Il est très souvent ainsi, et ceci procure un terrain favorable à l’ennemi. Dieu est apparemment muet, Il ne réagit pas. Comment éviterons-nous d’être anéantis, d’être dépassés et abattus sous de telles circonstances ? Uniquement en saisissant cette pensée de Dieu, et en priant en accord avec cette pensée : Il provoque et œuvre toutes choses pour nous rendre conformes à l’image de Son Fils. Si Dieu ne délivre pas Son peuple, c’est qu’il y a certainement un but plus élevé et profond que leur délivrance, et c’est à cela qu’Il travaille, Il œuvre profondément en eux afin d’y reproduire la patience, l’endurance, les longues souffrances de Jésus Christ. Si nous considérions toutes les choses qui ont parfait le Fils de Dieu à travers les souffrances, relisons les évangiles à cette lumière, et comprenions combien Il est différent de tous les hommes et de leurs critères, nous comprendrions mieux ce que Dieu recherche à accomplir en nous. La douceur et la gentillesse sont des vertus étrangères à notre nature, comme d’être sous le stress, dans l’adversité, sous la main d’hommes méchants, et de dire « Père, pardonne-leur ». Mais Lui pouvait dire : « Je suis débonnaire et humble de cœur. » Oh, le voyez-vous – l’image du Fils. De telles conditions adverses sont des défis terribles pour nos dispositions naturelles. Notre nature tout entière se révolte contre la douceur, la débonnaireté et veut être égal à l’autre ou en devenir le maître. Notre nature n’accepte pas ni se délecte dans l’opposition, l’antagonisme, la frustration, la persécution et toutes ces choses.

Reconsidérons Christ dans la présence de Pilate et devant le souverain sacrificateur : on lui crache au visage, on se moque de Lui, on le bat, on le ridicule ; alors qu’Il est le Dieu tout-puissant, éternel, incarné qui aurait pu, d’un revers de main, anéantir toute l’assistance ! Le centurion disait vrai, alors qu’il contemplait ce qui arrivait, rempli de peur, lorsqu’il s’est exclamé : « Certainement celui-ci était Fils de Dieu ». Nous avons tous entendu de certaines personnes découvrir leur terrible erreur et mourir soudainement d’un arrêt cardiaque. Pensez au choc qui doit encore arrivé à ceux qui ont traité le Messie comme ils l’ont fait – lorsqu’ils le verront. Nous pouvons entrevoir ce qui se passa en Saul de Tarse, (qui savait tout ce qui s’était passé à Jérusalem), lorsqu’il le vit : « Je suis Jésus » – lorsqu’Il le vit plus brillant que le soleil en plein midi.

Mais, ce à quoi je veux arriver est ceci : le Seigneur a tout accepté et enduré, allant jusqu’à la fin amère, les laissant le clouer à la croix, avec toutes les moqueries « Il a sauvé les autres, il ne peut pas se sauver lui-même … que Dieu le délivre maintenant, s’il tient à lui; car il a dit, Je suis fils de Dieu. » Et il n’a pas bronché, pas prononcé une seule parole ; alors que douze légions d’anges se tenaient prêtes à venir à son aide, (si un seul ange pouvait détruire l’armée de Sankhérib, qu’auraient pu faire douze légions ?). C’est cela la douceur, la débonnaireté de cœur, et ceci que Dieu recherche à accomplir en nous. C’est là la pensée de Dieu, c’est ce qui sera gloire dans le Royaume de Dieu, c’est ce qui fait que nous pouvons vivre dans ce monde, et un Royaume de cette nature sera enviable. Ainsi, Dieu œuvre en nous, et c’est ici la signification du contexte de notre verset : « Car j’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées avec la gloire à venir qui doit nous être révélée. »