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« Que la Maison Soit Bâtie »

par T. Austin-Sparks

Chapitre Premier - La Conception Eternelle et la Décision

Esdras 6

La foi chrétienne a beaucoup d’aspects, et les chrétiens sont occupés avec ces divers aspects ; comme l’évangélisation, l’enseignement et l’édification des croyants, ou à combattre pour la foi. Il a des mouvements entièrement dédiés à l’étude des choses prophétiques concernant le retour de Christ etc. Ces choses sont bonnes. Mais elles peuvent être, et souvent elles deviennent, des choses en elles-mêmes et, alors qu’elles sont bonnes et justes, elles ont pour effet de diviser les chrétiens en sections, ceux-ci se regroupant autour d’une interprétation, d’un enseignement ou d’un but particulier. Ainsi l’objet tout-inclusif et suprême de Dieu, est très souvent perdu de vue dans toutes ces choses.

C’est le propos de ces quelques pages que de chercher à ramener cet objet plus proprement en vue. Notre préoccupation est le but tout-inclusif et le dessein de Dieu. Je suis sur que vous serez d’accord avec le fait que la valeur de tout aspect ou de toute inclinaison d’un enseignement ou d’une œuvre, sera très largement gouvernée par sa relation au dessein tout entier de Dieu. La valeur sera plus immédiate si ce dessein tout entier est saisi, et s’il est gardé tout le temps en vue. Dieu ne se consacre pas totalement ou exclusivement à une seule partie de Son dessein ; Il ne se consacre entièrement qu’à sa pleine intention. Si nous désirons voir Dieu s’impliquer, il devient absolument nécessaire de connaître quelles sont les conditions et le fondement de Son implication.

L’objet tout-inclusif auquel nous faisons allusion est inhérent dans les simples mots que nous avons pris comme titre général et tiré du sixième chapitre du livre d’Esdras : « Que la maison soit bâtie » (Esdras 6 : 3). Là est l’objet tout-inclusif de Dieu. Notez qu’Esdras retrace ce décret bien au-delà de l’instrument, du souverain, qui le promulgua. Il le retrace jusqu’à Dieu Lui-même. Il reconnaît que ce décret, bien qu’il ait été établi par un souverain d’ici bas, venait en fait de Dieu (verset 22). Il dit : « Béni soit l'Eternel, le Dieu de nos pères, qui a mis de telles [pensées] dans le cœur du roi. » (7 : 27) Cette chose venait de Dieu. Et ayant montré que cela procédait de Dieu, il démontre, dans le reste du récit, comment Dieu, dans Ses voies souveraines, se consacra Lui-même à cela. Dieu était l’instigateur de cette chose, Dieu la soutenait et, malgré les grandes et nombreuses difficultés, Dieu l’accomplit.

Si cela était vrai alors, nous voulons découvrir comment cela peut-il être possible aujourd’hui. Je suis convaincu que tout le peuple de Dieu, tous les vrais chrétiens, sont profondément désireux de connaître aujourd’hui, ce que Dieu a instigué, quelle est cette chose à laquelle Dieu se donne en la soutenant et en la voyant aller jusqu’au bout, quel est ce dessein que Dieu, malgré tout – un grand et vaste tout – consumera. Nous voulons découvrir comment Dieu se consacrera Lui-même à ce dessein.

L’Eternité de Dieu

Tout ceci nous amène à un principe crucial et fondamental d’interprétation biblique. C’est une chose que tous ceux qui utilisent la Parole de Dieu devraient reconnaître, et lorsque nous prenons nos Bible, ceci devrait toujours être présent. C’est tout simplement l’éternité de Dieu. Peut-être que cette déclaration telle quelle ne vous apporte pas grand chose pour commencer. Mais la grande vérité c’est qu’il n’y a pas de temps avec Dieu. Tout « temps » tel qui soit pour nous, est « présent » avec Dieu ; avec Lui il n’y a ni passé, ni présent, ni futur. Il est le Dieu éternel – « D’éternité en éternité tu es Dieu » (Psaumes 90 : 2). Dieu s’accommode peut-être des époques des hommes et de la terre, mais Il réside Lui-même dans l’éternité : Ses pensées sont des pensées éternelles, Son dessein est un dessein éternel. L’architecte a tout le plan devant lui, le bâtisseur, lui, n’a que les indications au jour le jour. Ceux qui ne voient que les indications peuvent être confus ; peut-être ne comprennent-ils pas, peut-être prennent-ils les indications pour être le plan entier. Un scripteur d’un des documents du Nouveau Testament, commence son traité par ces mots : « Dieu ayant autrefois, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, parlé aux pères par les prophètes … » (Hébreux 1 : 1). Dieu a parlé dans le temps, à différentes époques, de différentes manières et à différentes reprises ; mais avec Dieu, le tout, d’éternité, était présent, et chaque indication qui venait de Lui avait le tout en elle.

Nous devons toujours nous souvenir de cela lorsque nous nous servons de la Bible, sinon nous ne découperons pas droit la parole de la vérité. Le dessein complet de Dieu gouverne toutes les parties, en ce qui le concerne. La pensée de Dieu ne change pas. Il n’y a pas de progrès avec Dieu, Il est absolu, exhaustif et ultime en tout temps. Dieu a apporté Ses pensées dans le temps par le moyen de modèles et de figures, mais elles ne sont que des modèles et figures de réalités spirituelles et éternelles. Et le principe est le suivant, tout ce qui vient de Dieu, à n’importe quel moment pour nous, du point de vue du monde, – tout ce qui vient de Dieu, aussi partiel que cela puisse paraître, contient l’éternelle et la complète pensée de Dieu. Chaque indication, chaque partie venant de Dieu contient en elle-même toute Sa pensée spirituelle. Nous devons regarder à travers l’immédiate forme de présentation afin de découvrir la pensée spirituelle et éternelle qui s’y trouve.

Cette maison – « Que la maison soit bâtie » – n’est qu’une représentation terrestre, temporaire et limitée de la vaste, éternelle et spirituelle pensée de Dieu. Ce n’est qu’une pauvre représentation et elle disparaîtra, mais la pensée de Dieu ne passera jamais. Ce qui se trouve derrière cette pensée n’aura aucune fin : cela vient de l’éternité et continuera dans l’éternité. Et toute la Bible n’est qu’une expression multiple de ce principe. Du début à la fin, dans ses diverses formes de présentation et de représentation, dans ses types, symboles et figures, la Bible toute entière est qu’une seule expression toute-compréhensive et très diverse de cette unique pensée qui est inhérente ici dans ce mot « maison ».

Dieu Sortant de l’Eternité

Allons au-delà des figures, derrière la représentation, à la grande vérité et réalité spirituelle. Sortant de l’éternité, de ce qui est inconnaissable, de ce qui est incompréhensible, de ce qui est inaccessible, Dieu détermina de manifester Sa présence dans une création spéciale et unique, dans un organisme spirituel, de Sa propre initiative, dans quelque chose qui, parmi beaucoup d’autres noms et désignations, est appelée dans les Ecritures une maison. Dieu s’est déterminé à sortir, de tout ce vaste inconnu, de cet inaccessible domaine éternel et de se présenter, de se révéler, de se rendre accessible dans une « maison » ou une demeure. C’est là la vérité qui se trame à travers toute la Bible, du début à la fin ; c’est cela qui gouverne tout et que nous verrons en progressant.

Mais alors que nous saisissons cette grande vérité et que nous la suivons à travers la Bible, nous commençons a faire une découverte à son sujet. Nous commençons par voir que, bien qu’il s’agisse d’une pensée merveilleuse, d’une disposition extraordinaire, cela va bien au-delà d’une simple pensée ou disposition. Nous découvrons, en fait, que cela implique le cœur même de Dieu – non pas seulement Sa pensée, mais Son cœur : c’est une chose à laquelle Dieu tient énormément ; quelque chose avec laquelle les plus grand intérêts de Dieu sont liés. Bien au-delà d’être quelque chose d’objectif pour Dieu, cela devient (si je puis me permettre de le dire ainsi) une véritable partie de Lui-même – c’est de Sa pensée, de Sa volonté, de Son cœur.

Une des plus extraordinaire déclaration de la Bible est certainement celle-ci : « …l’assemblée de Dieu, laquelle il a acquise par son propre sang » (Actes 20 : 28). Dieu a acquis ce qui est appelé « l’Eglise » avec son propre sang. Cette déclaration annule et défait toutes les tentatives d’imagination et de compréhension. Le sang est la vitalité même de tout organisme. Cette « chose » (excusez le terme pour le moment), est liée à la vie même de Dieu. Dieu a donné Sa vie pour elle. Ceci est bien plus qu’un sujet d’intérêt objectif. Le cœur même de Dieu est en elle – Sa vie même – Lui-même.

Dieu Présent avec l’Homme

Ainsi, qu’elle est cette chose, si près du cœur de Dieu, avec laquelle sont liés tous Ses intérêts ? C’est Dieu présent parmi les hommes : Dieu en relation avec un organisme en y étant l’Habitant, l’Occupant, l’Hôte. La simple signification d’une « maison » est sûrement quelque chose qui doit être occupé, quelque chose dans laquelle on habite, elle n’a aucune signification à moins qu’elle ne soit habitée. La pensée de Dieu est d’être , présent, habitant, avec pour but de Se faire connaître et comprendre, et avec l’objet d’avoir une communion bénie avec ce qui comprend la « maison ».

J’ai dit que la Bible contient l’histoire de cette pensée, ce concept éternel et divin qui traverse tous les temps. Cela commence par une expression très simple et primaire de cette pensée : l’homme et la femme dans le jardin, et Dieu présent, marchant dans le jardin, parlant, communiant, faisant connaître Ses pensées et Ses intentions. C’est l’image d’une communion heureuse entre Dieu et l’homme ; entre l’homme et Dieu. L’homme y est montré en relation avec Dieu en termes d’amitiés (si je puis utiliser ce mot), et sur la base d’un mandat d’être le régent de Dieu ici-bas pour le développement et l’accomplissement de Ses desseins. Tout parle de paix, d’ordre et de beauté, et de tout ce à quoi le cœur de l’homme aspire. Dieu s’est créé une « maison », et Il y est, Il y marche, et Il y parle. C’est là dans cette simple représentation première.

A partir de ce point, l’intention divine est une longue histoire et plein de vicissitudes. Souvenez-vous que toutes les actions de Dieu sont en relation avec cette « chose » unique, et toutes les réactions de l’histoire, celles qui sont relatées dans la Bible, sont contre cette chose – pour chasser Dieu, pour L’exclure, afin de créer des conditions dans lesquelles Dieu ne peut pas être présent, dans lesquelles Il ne peut pas se consacrer à quoi que ce soit. Toutes ces choses se concentrent sur cet unique désire éternel du cœur de Dieu.

L’Intention de Dieu Réalisée En Christ

Personnellement et dans le Christ Corporatif

Mais où cela finit-il ? Oui, c’est une longue histoire, une histoire pleine de vicissitudes, mais à la fin, l’intention est réalisée. Et elle est réalisée de deux façons : premièrement elle est réalisée en Dieu Lui-même, dans l’incarnation de Son Fils. Nous n’avons pas reconnu la signification suprême de Jésus Christ, en tant que Fils de Dieu, jusqu’à ce que nous ayons reconnu qu’en Lui cette conception éternelle trouve sa réalisation. Il est « Emmanuel » - « Dieu avec nous » ! Dieu a atteint son but. Il s’est fait Lui-même une habitation. « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Corinthiens 5 : 19). De cette façon première et fondamentale, Dieu a atteint Son but : et ainsi nous découvrons que la Maison de Dieu n’est pas une « chose » – c’est une Personne. Et ensuite Il continue de l’Un aux plusieurs, de l’individuel au corporel ; et un corps élu est mis en évidence en tant qu’habitation pour Dieu. La fin de la Bible est encore plein de symbolismes comme l’était le début – une Ville et un Jardin – et nous entendons la musique des mots : « Le tabernacle de Dieu est avec les hommes, et il tabernaclera avec eux ; et il seront sont peuple, et Dieu lui-même sera … leur Dieu » (Apocalypse 21 : 3). C’est ainsi que ce termine la Bible. L’Histoire est consumée.

J’ai dit que cette intention divine explique toute la Bible sous tous les angles ; que toutes les actions et réactions sont centrées sur cette seule chose : que Dieu ait un endroit où Il puisse habiter en termes de communion et de paix. En fait, il n’y a rien dans la Bible qui ne soit en relation avec cette pensée et ce dessein prédominants de Dieu. Là est l’objet de la préoccupation et de la jalousie de Dieu. Si Dieu était jaloux à propos d’un temple à Jérusalem, ou à propos de Jérusalem ou bien de Sion, comme les prophètes l’ont dit si fermement, pensez-vous que Sa jalousie se soit épuisée avec une représentation si temporaire et si terrestre ? Non, c’était à cause de ce qui était représenté que Dieu était jaloux.

Qu’est-ce que la Maison de Dieu ?

Qu’est-ce donc la Maison de Dieu ? La question est posée par Dieu Lui-même à travers Son serviteur Esaïe : « Ainsi dit l'Eternel : Les cieux sont mon trône, et la terre le marchepied de mes pieds : quelle est la maison que vous me bâtirez, et quel est le lieu de mon repos ? Toutes ces choses, ma main les a faites… » (Esaïe 66 : 1-2). Vous rappelez-vous comment Etienne, dans ce magnifique message qui lui coûtât la vie – tellement significatif par rapport à ces choses – cita ces paroles d’Esaïe. C’était pratiquement la culmination de ce grand discours ; tout se concentrait sur cette chose, tout y conduisait. Il dit : « Mais Salomon lui bâtit une maison. Mais … mais… quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur ? » (Actes 7 : 47-49). « Les cieux des cieux ne peuvent le contenir » (2 Chroniques 2 : 6).

1. L’Infinie Grandeur de la Maison

Quelle maison ? Il y a plusieurs choses ici que nous devons retenir. Tout d’abord, c’est une indication de l’infini, de l’infinie grandeur de Dieu demandant quelque chose d’infiniment grand. Aucun temple aussi magnifique soit-il, qu’il soit de Salomon ou de tout autre bâtisseur, ne peut répondre à cette exigence. Cela demande quelque chose d’infiniment grand afin de démontrer la grandeur de Dieu. L’apôtre Paul, plus que tout autre personne dans la Bible, vit la signification de cette Maison, et, malgré la richesse merveilleuse, le caractère complet et la flexibilité du grec, il épuise toutes les possibilités de cette langue qui sont à sa disposition en essayant de décrire cette chose. Avec toute sa connaissance de mots et de langage, Paul se trouve limité par les mots avec lesquels il désire exprimer la réalité de cette Maison – la largeur et la longueur et la hauteur et la profondeur et ainsi de suite. Il lutte avec le langage humain, mais tout langage est insuffisant pour exprimer combien cela est grand.

Mais remarquez – et cela est magnifique, là où nous nous en approchons de très près, ou bien là où cette chose s’approche de nous – il y a plusieurs choses que l’apôtre Paul éclaircit quant à la définition et le propos de cette Maison.

2. La place de « l’amour … qui surpasse toute connaissance »

Tout d’abord c’est dans cette chose que l’amour de Dieu qui surpasse toute connaissance est manifesté (Ephésiens 3 : 19). Dieu a conçu cet ordre objectif, afin d’y démontrer quelque chose de Son cœur, Son amour qui dépasse toute connaissance. Ensuite Paul parle de la grâce – « les richesses de sa grâce » (1 : 7, 2 : 7) ; « la gloire de sa grâce » (1 : 6) ; et il présente tout cela comme étant en relation avec cette Maison. Et ceci afin que « dans les siècles à venir » (2 : 7), dans cette Maison, dans ce Corps (appelez cela comme vous voulez), soit manifestée, à un univers émerveillé, la grâce infinie de Dieu. Mais Paul ne s’arrête pas là, il passe à la sagesse (3 : 10). L’infinie et la diverse sagesse de Dieu doit être donnée à connaître « aux principautés et aux autorités » – dans cette Maison ! Cela demande une grande Maison pour contenir la grandeur de Son amour, et la grandeur de Sa grâce, et la grandeur de Sa sagesse – Dieu Lui-même présent dans de tels aspects de manifestations!

Le Malentendu de l’Homme

Mais il y a autre chose de sous-entendu ici. C’est le malentendu de l’homme. Lorsqu’il s’agit de « grandes idées », de conceptions merveilleuses, l’homme a une façon, comme nous le savons, de saisir et de s’approprier ces choses. L’homme s’est saisi de cette idée d’une « maison pour Dieu », d’une « habitation pour Dieu », et l’a déformée et y a apporté une fausse interprétation. L’homme a essayé de saisir Dieu et de Le placer dans une maison conçue selon sa propre pensée. En faisant cela, il a essayé de limiter Dieu, de l’enfermer, de le posséder, de rendre Dieu exclusif à une « maison » particulière, une maison faite par l’homme – un édifice ou une institution ici-bas. Cette propension invétérée de l’homme de faire de Dieu sa propriété, et la propriété de sa maison particulière, conduit à l’élévation d’un terrible exclusivisme : voulant dire en fait, si vous n’appartenez pas à ceci, si vous ne prenez pas ce chemin, vous êtes alors en dehors de ce qui est acceptable. C’est le résultat d’une idée qui a été appropriée mais qui est méprisée – une fausse interprétation.

C’était là l’erreur tragique d’Israël, contre laquelle les prophètes s’enrageaient et fulminaient. C’est dans ces circonstances que Jésus vint. Comme du vin nouveau dans de vielles outres, Sa venue éventra toutes ces choses, mais cela Lui coûta Sa vie. Ils firent de la maison de Dieu quelque chose d’exclusif, quelque chose qui leur appartenait – ils « possédaient » Dieu. Et là était leur erreur. Et alors que Jésus s’éloignait vers ce qui est éternel, dans la réalité spirituelle, Il dit : « Voici, votre maison vous est laissée déserte » (Matthieu 23 : 38) – votre maison, votre maison ! Quel terrible mise en accusation – votre maison !

Christ le Correctif

1. Personnellement

Nous devons considérer ces choses avec beaucoup de sérieux, car, d’un certain point de vue, c’était ce malentendu, cette fausse interprétation, cette caricature que Jésus est venu corriger. Et Il l’a fait de deux façons. Comme nous l’avons déjà montré, Il l’a corrigé premièrement dans Sa propre Personne. Voulez-vous voir la Maison de Dieu, ce qu’elle est ? – Regardez-Le ! Deuxièmement Il le corrigea par Son enseignement. L’Evangile selon Jean, si seulement nous le reconnaissions, se tient dans tout le contexte biblique afin de montrer comment Jésus supplante et transcende toutes les représentations terrestres et matérielles. Il est parfaitement clair qu’Il supplante et prend la place du temple à Jérusalem. Il supplante et remplace la sacrificature, Lui-même devenant le Souverain Sacrificateur, et S’offrit comme sacrifice acceptable à Dieu ; et ainsi n’accomplissant pas seulement tous les types, mais démontrant que jusqu’à ce que Christ ne S’offre Lui-même, Dieu n’avait jamais été satisfait. Il supplante et transcende toutes les fêtes juives : vous remarquez comment dans l’Evangile selon Jean, il est sans cesse fait allusion aux fêtes juives, et comment Jésus Se place en divergence et en contraste par rapport à celles-ci.

Jésus prend la place de la manne dans le désert : Il est le « pain de Dieu qui vient du ciel » (Jean 6 :33). Jésus prend la place de l’eau du rocher frappé et dit : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai ; moi, n’aura plus soif à jamais » (Jean 4 :14). « Celui qui croit en moi … des fleuves d’eau vive couleront de son ventre » (Jean 7 :38). Il prend la place des luminaires dans le temple et dit : « Je suis la lumière du monde » (Jean 8 :12). Il prend la place de tous les anciens bergers d’Israël et dit : « Je suis le bon berger » (Jean 10 : 11, 14). Il prend la place d’Israël, et bâtit un nouveau troupeau de Son propre sang : « Je donne ma vie pour les brebis » (Jean 10 :15). Jésus est la réponse à la recherche éternelle de Dieu.

2. Collectivement

Mais Jésus, comme nous le montre le Nouveau Testament, ne Se tient pas seul. Jésus dans Son expression collective et organique est la Maison de Dieu. Où est et qu’est-ce que la Maison de Dieu ? C’est là où il y a une union spirituelle, organique et vitale avec Christ ; ni plus ni moins. Paul dit : « Nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps » (1 Corinthiens 12 :13). Jésus remplit toutes les fonctions, et exprime tous les aspects de la présence de Dieu – la présence de Dieu au milieu des hommes.

Ceci est une déclaration, mais c’est aussi un défi. Combien est grande Sa Maison – et combien définitivement spirituelle est Sa Maison ! Elle est bâtie sur l’amour de Dieu. Et ceci est un test suffisant. L’objet et le but précis de cette Maison est d’exprimer l’amour de Dieu. Et si cet amour de Dieu n’est pas présent, ou s’il est contredit, la maison cesse d’être ce que Dieu S’était donné qu’elle soit. C’est ce qui explique pourquoi Israël, qui était appelé à une époque, « la maison de Dieu » en tant que nation, fut écarté. Là est l’amour infini de Dieu, l’infinie grâce de Dieu, amenés dans le monde dans la Personne de son Fils : et que rencontre t-Il ? Une haine infinie ! L’amour rejeté ! Alors très bien, – « Votre maison vous est laissée déserte ».

Toute cette doctrine et théologie – même à propos de la justification, non pas par les œuvres mais par la foi, etc. – peut-être si détachée, cela peut-être lourd, légaliste, « juste ». Mais rappelez-vous que tout est là dans la Parole de Dieu afin de magnifier la grâce de Dieu ! « Non pas sur le principe des œuvres … » mais la grâce de Dieu. La Maison de Dieu existe sur le principe d’hommes et de femmes qui ont découverts que leur plus profond et plus grand besoin est la grâce de Dieu, et qu’ils sont parvenus à la connaissance de cette grâce. Le mot le plus noble de leur vocabulaire est le mot « grâce » – c’est le mot le plus magnifique dans le langage des cieux et de la terre. La grâce, la grâce, la grâce ! C’est de cela qu’est faite la Maison de Dieu. Si vous et moi vivons dans la signification de ce merveilleux mot « grâce », nous connaîtrons Dieu de très près. Dieu « connaît de loin les hautains », car les hautains n’ont aucune sensation de leur besoin de grâce. L’orgueil est une abomination pour Dieu, simplement parce qu’il est une contradiction de la grâce. « Mais c’est à celui-ci que je regarderai :à l’affligé, et à celui qui a l’esprit contrit et qui tremble à ma parole. » (Esaïe 66 :2). C’est là l’atmosphère de la Maison de Dieu.

Et ainsi, vous voyez que la Maison de Dieu n’est pas une « chose », elle n’est pas un « endroit » – elle n’est rien de ce que peut faire l’homme ; elle est spirituelle. Sur quel fondement est-elle établie ? Sur celui de la croix. La Maison de Dieu dans le désert – le tabernacle – vint après l’autel, et se tenait en arrière-plan de l’autel. Dans la nouvelle dispensation, l’Eglise est l’arrière-plan de la croix de Christ, car elle ne vient que par la croix. Que fait la croix ? Elle met l’homme de coté, elle fait de la place pour Dieu ; elle élimine l’homme, afin que Dieu soit tout et en tout. L’intention de Dieu quant à la croix est de rendre possible la réalisation de Sa pensée éternelle d’être présente, d’être . Là où la croix est le plus profondément forgée dans la vie de Son peuple, , rencontrez-vous le Seigneur pleinement. Vous ne Le rencontrerez pas parmi les hommes et les femmes dans lesquels la croix n’a pas fait son œuvre ; en présence de la chair ; Dieu Se tient à l’écart de cela.

Le Besoin d’une Conscience de Christ

En terminant nous poserons encore une question. Quelle est la nécessité dominante ? La réponse comporte deux parties. La nécessité pour la réalisation du désire de Dieu – l’avènement de cette Maison, dans sa beauté, dans son amour, dans sa grâce, dans sa communion, dans sa paix, dans son ordre, dans sa manifestation divine – est une conscience de Christ. Peut-être cela ne pèse pas grand chose dit comme cela. Mais ce que vous et moi avons besoin, plus que tout, c’est d’avantage de cette conscience de Christ. Sommes-nous pas sans cesse et toujours repris lorsque nous entendons Paul dire : « Car l’amour du Christ nous étreint, en ce que nous avons jugé ceci, que si un est mort pour tous, tous donc sont morts … afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort …désormais, nous ne connaissons personne selon la chair … » (2 Corinthiens 5 :14-16) ? Sommes-nous pas toujours repris par cela ? Ne nous connaissons pas les uns les autres trop selon la chair ? Au lieu de saisir ce qu’il y a de Christ, si peu soit-il, en chacun d’entre nous, et de le mettre en valeur, nous faisons le contraire : nous amplifions les fautes et les faiblesses et tout ce qui est autre que la nature de Christ ; et ces choses abondent, Dieu le sait !

Mais quant à cette conscience de Christ – que nous nous donnions davantage à l’appréhension de ce qui est de Christ, si peu soit-il, et que nous nous attachions à cela. Si nous le faisions, la Maison serait bâtie, Dieu trouverait Sa Maison et s’y consacrerait. Que Dieu nous aide ! Et une conscience de Christ implique une conscience de la Maison, une conscience de communion, une conscience d’identification réciproque, cela implique que nous sommes membres les uns des autres, ainsi la main ne peut dire au pied « je n’ai pas besoin de toi », je peux faire sans toi ! C’est cette conscience collective qui est si nécessaire aujourd’hui ; afin de d’anéantir tout ce qui détruit et divise.

Que Dieu fasse que ce qui précède saisisse nos cœurs, et que cela nous élève au-dessus de toutes nos conceptions inadéquates de la Maison de Dieu. Que cela gouverne notre attitude vis-à-vis de tous – tous ceux qui reposent sur l’amour de Dieu, tous ceux qui reposent sur la grâce de Dieu, tous ceux qui sont parvenus à voir et à reconnaître que ce n’est que par la sagesse de Dieu que tous les problèmes humains seront résolus, les leurs et ceux des autres ; que Dieu trouvera enfin ce qu’Il recherche – un lieu dans lequel Il puisse habiter.

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